Les ERP et les horror stories

La version originale de cet article a paru dans la revue Le Manager

No. 74, septembre 2002, pages 39-40


Par Mohamed Louadi, PhD

 

Le passage d’un système d’information classique, cloisonné et peu ou pas intégré à un système intégré ne se fait pas toujours sans heurts ni douleurs. Nul n’ignore aujourd’hui que l’acquisition d’un ERP peut être très coûteuse que ce soit en termes matériels qu’en termes immatériels. Certaines entreprises ont mis leur existence dans la balance et l’on parle aujourd’hui de systèmes informatiques capables de mettre l’entreprise qui pense les adopter en faillite.

 

A preuve, un grand nombre d’échecs prouve que l’adoption d’un ERP est un projet ardu et requiert une expertise différente de celle généralement exercée dans l’implantation des systèmes traditionnels et un certain nombre d’entre eux a même résulté en une poursuite en justice de l’intégrateur ou de l’éditeur de la part des firmes qui ont essuyé des pertes énormes. La question de savoir si ces mésaventures sont à l’actif de l’entreprise, de l’éditeur, de l’intégrateur ou du système n’est pas toujours claire.

 

Des cas tels que ceux de Petsmart Inc., basé à Phœnix (Texas), spécialisé dans la vente d’animaux domestiques et Jo‑Ann Stores Inc. de Hudson (Ohio). Et les deux ont eu affaire au même produit, celui de SAP AG servant à supporter la vente au détail (SAP Retail) (voir notre article « De la difficulté des ERP à s’intégrer », Le Manager, No. 54, janvier 2001, pages 36-37).

 

D’autres cas se sont ajoutés à la liste depuis les années 2000-2001, dont celui de la faillite de FoxMeyer, naguère le quatrième distributeur dans l’industrie pharmaceutique américaine, dans lequel une plainte avait été déposée au Texas  par le client contre le revendeur, en l’occurrence SAP AG, et l’intégrateur Accenture (ex-Andersen Consulting). Une des raisons invoquées par FoxMeyer est que Accenture ne disposait pas de suffisamment d’expertise et de consultants expérimentés pour l’accompagner dans son acquisition du méga-progiciel (voir www.techrepublic.com/article_guest.jhtml?id=r00720010824bux01.htm&fromtm=e002).

 

Des cas de systèmes ayant causé la faillite de l’entreprise sont devenus tellement fréquents qu’on les affuble volontiers du vocable de CAB (computer-aided bankrupcy, ou faillite assistée par ordinateur).

 

C’est dire que les entreprises soucieuses de sauter le pas et de franchir le seuil les menant à l’intégration se doivent d’être vigilantes et de planifier ce passage non pas comme un projet d’informatique mais comme ce qu’il est, c’est-à-dire un projet de changement organisationnel.